Incontestablement les produits « bio » préservent mieux l’environnement que les produits issus de l’agriculture conventionnelle. Mais la notion de bio est plus restrictive que la notion d’agriculture durable qui tient compte non seulement de la protection de l’environnement, mais aussi de la performance économique et sociale. Cécile Frissur, déléguée générale du syndicat national des transformateurs de l’agriculture biologique, le reconnait. « Ce n’est pas l’agriculture biologique qui permet de dire qu’on est en agriculture durable. Il ne faut pas confondre la certification produit (ndlr : un produit bio) et le développement durable qui intègre des enjeux sociétaux et managériaux » dans les entreprises, a-t-elle déclaré au Salon international de l’agriculture durable à Agen, début juin. Et même d’avouer que le bio et le durable ne sont pas toujours « compatibles ». Un produit bio importé de Hongrie est-il plus durable s’il existe un produit voisin analogue ? s’est-elle interrogée. Au regard de l’empreinte carbone notamment. Bref le bio ne répond pas à tous les enjeux du développement durable.
Invité à définir le contenu de la prochaine Pac, Hervé Guyomard, directeur de recherche à l’Inra, a insisté sur la nécessité d’encourager des pratiques plus économes en intrants et plus respectueuses de l’environnement. « Les normes environnementales actuelles ne ciblent pas suffisamment la biodiversité et le changement climatique. A l’avenir la puissance publique devrait soutenir les systèmes qui ont le bilan environnemental le meilleur », a-t-il conseillé. L’agriculture biologique ? Pas obligatoirement, « car elle utilise beaucoup plus de terres ». Et de conclure : « il vaut mieux cibler les résultats plutôt que les moyens mis en œuvre «