Loup : vers un changement de logique dans la gestion des prélèvements
Lors de l’examen du projet de loi d’urgence agricole en Commission du Développement durable le 29 avril, les députés ont adopté un amendement qui pourrait faire évoluer en profondeur la gestion du loup en France. Jusqu’à présent, le nombre de loups pouvant être prélevés reposait sur un plafond fixé en pourcentage de la population estimée actuellement à 21 %, dans le cadre d’un arrêté interministériel. Une logique jugée trop rigide par une partie de la profession. Le texte adopté propose désormais de changer d’approche : il reviendrait au ministre chargé de l’Agriculture de fixer ce plafond en s’appuyant non plus sur un pourcentage mais sur un objectif de population minimale à maintenir. Concrètement, le nombre de loups pouvant être prélevés serait déterminé comme la différence entre la population observée et le seuil minimal nécessaire pour garantir un état de conservation favorable de l’espèce. Aujourd’hui, la population est estimée à plus de 1 000 individus alors que le seuil de viabilité démographique est fixé autour de 500 loups adultes. Un écart qui alimente le débat sur la gestion de l’espèce et ses conséquences sur l’élevage. Pour les éleveurs, cette évolution pourrait permettre une gestion plus pragmatique et mieux adaptée aux réalités du terrain, dans un contexte de pression prédatrice toujours forte. Reste désormais à voir si cette orientation sera confirmée dans la suite du parcours législatif. La profession restera vigilante pour que les décisions prises permettent réellement de mieux protéger les troupeaux et de sécuriser les exploitations.