Le projet "Cultivons un avenir fleurissant" a été lancé en 2024 par un groupe d'agriculteurs(trices) icaunais(es) qui souhaitent favoriser la biodiversité sur leurs exploitations ; ainsi le premier objectif est d’implanter des jachères fleuries dans les exploitations agricoles icaunaises.
Un deuxième volet vise à obtenir des données scientifiques sur les interactions entre les insectes polllinisateurs ou auxiliaires et les cultures, ainsi que sur les pratiques favorisant le bon developpement des jachères fleuries. Les enseignements tirés de ce projet serviront ensuite dans toute la région BFC via l’association Bourgogne-Franche-Comté Agri-Environnement. Pour récolter ces données, un groupe « pilote » d’agriculteurs de Cheroy est accompagné par le Réseau Biodiversité pour les Abeilles (RBA) qui effectue sur 3 ans un suivi entomologique de leur parcelles de jachères.
Toutes ces actions sont rendues possibles par le soutien du Conseil Départemental et du Conseil Régional.
A quoi servent les jachères fleuries ?
Les jachères fleuries fournissent des ressources nutritives et un abris aux insectes et à d'autres animaux. Leur intérêt réside aussi dans la diversité des ressources à disposition, qui est plus élevé que dans une parcelle cultivée. En effet aucun mélange de semences spécifiques n'est imposés au agriculteurs(trices) engagés mais ils doivent utiliser au moins six espèces de fleurs différentes. Ainsi, la jachère propose des ressources nutritives adaptées à de nombreuses espèces d'insectes, de mars à octobre.
En plus du service rendu à l'écosystème, favoriser les espèces auxiliaires peut être bénéfique pour les cultures. En effet, ce sont par exemple les prédateurs des ravageurs des cultures, comme la coccinelle qui se nourrit des pucerons.
Que mesurent les entomologistes lors de leurs visites ?
L'été 2025 marque la deuxième année de suivi par RBA, avec 3 visites réparties dans l'été. Les résultats sur 3 ans permettront de quantifier l'effet de ces jachères sur les populations de pollinisateurs et d'auxilliaires des cultures.
Concrètement les entomologistes de RBA relèvent les espèces de fleurs présentes, les espèces d'insectes et leur abondance. Ils observent également le déplacement des insectes de la jachère à la culture adjacente, pour estimer si cette dernière profite de l'action des auxiliaires.
Et du côté des agriculteurs(trices) ?
Les motivations pour rejoindre ce projet sont diverses, comme l'explique Sébastien Boulot dans la vidéo ci-dessous. Qu'ils aient implanté des jachères fleuries pour portégerla qualité de l'eau ou pour respecter un cahier des charges spécifiques, les agriculteurs(trices) souhaitent aussi en savoir plus sur les interactions entre les insectes et leurs couverts. C'est pour cela que le Réseau Biodiversité pour les Abeilles présente les résultats de ses comptages aux agriculteur(trices) du projet à l'issu de chaque saison de suivi. Cette réunion est l'occasion de discuter de l'effet des différentes pratiques mises en place : choix du mélange de fleurs, proportions des différentes espèces, densité de semi, déchaumage à l'automne, etc. Par exemple, si une espèces est présente en trop grande proportion au semi, ou si elle germe et couvre le sol plus vite que les autres, elle peut complètement prendre le dessus dans la jachère, ce qui réduit sa diversité nutritive. Ces échanges, accompagnés des résultats des comptages, permettront de partager les pratiques les plus favorables au développement d'une flore robuste et diversifiée !